
Paris, le 2 juin 2026,
Rapport « State Of The Media 2026 » : comment les journalistes à travers le monde s’adaptent-ils aux mutations de l’information ?
Pour la 17ème édition de « State Of The Media », Cision a interviewé plus de 2000 journalistes à travers le monde et décrypte les évolutions des attentes et des défis des journalistes, dans une société où l’information est confrontée à de nouveaux enjeux. Intelligence artificielle, désinformation, changement des modes de consommation de l’information, pressions budgétaires… comment les journalistes s’adaptent-ils à ces profondes mutations ? Quels sont les impacts de ces transformations dans leurs relations avec les professionnels des RP ?
En bref :
- La vérification des faits et la lutte contre la désinformation sont désormais le premier défi pour 50% des journalistes
- 97% des journalistes utilisent les réseaux sociaux dans le cadre de leur travail avec LinkedIn en tête. Des réseaux indispensables, mais une utilisation moins soutenue qu’en 2025.
- Une utilisation de l’IA en très forte hausse avec 79% des journalistes l’utilisant vs 53% l’an dernier, mais une certaine défiance quand elle est utilisée par les professionnels des RP
- Les professionnels des RP restent la première source d’information pour les journalistes, mais ils n’hésitent pas à blacklister ceux qui envoient des contenus non pertinents ou trop promotionnels.
2 000 journalistes interrogés dans 19 pays et territoires : Allemagne, États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Espagne, France, Finlande, Suède, Danemark, Norvège, Italie, Portugal, Chine, Australie, Singapour, Malaisie, Indonésie, Taïwan et Hong Kong. Méthodologie complète en fin de rapport.
Lien public vers le téléchargement du rapport
Journalistes et médias face aux mutations du secteur
Vérification des faits, manque de ressources, IA : les premiers défis en 2026
Face à une crise de confiance généralisée, « vérifier les faits et lutter contre la désinformation » redevient le premier défi des journalistes (50 %) après avoir été détrôné l’an dernier par celui de savoir s’adapter à l’évolution des comportements et des tendances de consommation du public (en 4ème position cette année à 42 %).
Les contraintes résultant de la réduction des ressources (moins de budgets et de postes, plus de travail) continuent d’être une gageure pour 49 % d’entre eux. En troisième position, l’IA et ses impacts pour le journalisme constituent un challenge pour 43 % des sondés, ce qui représente une très nette augmentation par rapport à 2025 (30 %).
Ces trois premiers défis supplantent largement ceux résultant de la concurrence des créateurs de contenus (28%), des pressions commerciales (SEO, algorithmes, contenus sponsorisés : 27 %) ou encore craintes pour la liberté de la presse (24 %).

Comment les journalistes utilisent-ils l’IA ? Un copilote et non un substitut.
Les journalistes ont massivement adopté l’IA générative. 79 % ont déclaré faire appel à elle en 2026 contre 53 % l’an dernier.
Nombreux sont ceux qui l'utilisent comme « copilote » afin de rechercher des idées (48 %) ou gérer les aspects pratiques comme les transcriptions (41 %). En ce qui concerne la création de leurs articles, ils sont plus réticents : 27 % font appel à l’IA, mais 20 % l'évitent complètement.

L'IA : un atout ou un obstacle pour les relations avec les médias ?
S’ils ont adopté l’IA dans leur travail, plus de la moitié (53 %) des journalistes s'opposent à recevoir des contenus générés par l'IA de la part des professionnels des RP, tandis que 25 % sont neutres et 21 % y sont favorables. Face à ces réponses mitigées, les communicants doivent être vigilants quant à l'utilisation de l'IA dans les contenus envoyés aux journalistes : l'exactitude, la personnalisation et un ton plus humain doivent prévaloir.

Une certaine lassitude dans l’usage des médias sociaux ?
Si les journalistes s’appuient toujours sur les réseaux sociaux dans le cadre de leur travail c’est dans une moindre proportion par rapport à l’an dernier.
La première raison de leur utilisation reste la publication/promotion de leurs contenus, mais alors qu’ils étaient 64 % à le faire en 2025, ils ne sont plus que 54 % cette année. L’interaction avec leur public se maintient en 2ème position, mais perd 18 points (55 % vs 37 % en 2026). Ex aequo, à 37 %, on retrouve le recueil d’informations pour écrire des articles, mais avec une baisse de 14 points (37 % vs 51 % en 2025).
À noter que près d’un quart des journalistes exploitent les médias sociaux pour vérifier ou confirmer des informations, soit une chute de près de 20 points par rapport à l’an dernier (24 % vs 42 % en 2025). Cela peut être dû à une difficulté croissante à distinguer le vrai du faux consécutif à la déferlante de fake news, deep fake… incitant les journalistes à se détourner des réseaux sociaux pour sourcer leurs informations.

Quels sont les médias sociaux les plus utilisés par les journalistes ?
Le trio de tête reste inchangé par rapport à 2025, mais, avec de légères hausses dans l’ensemble :- Linkedin : 62 % (vs 59 % en 2025)
- Instagram (54 % (vs 51 %)
- Facebook 53 % (idem en 2025).
X, en quatrième position, poursuit sa chute (37 % vs 39 %), alors que YouTube progresse à 35 % (vs 29 %) et WhatsApp à 29 % (vs 26 %).
À noter que, lorsqu’il a été demandé aux journalistes qu’elle était la plateforme qu'ils jugeaient la plus utile pour leur travail, la réponse numéro 1 a été LinkedIn, citée par 33 % des répondants (Facebook et Instagram ont suivi à 18 % et 14 % respectivement).

Qu’attendent les journalistes des professionnels des médias ?
Les professionnels des relations publiques : première source d’information, l’IA bonne dernière
Une large majorité de journalistes (66 %) s'appuient sur les contenus fournis par les services de relations presse (communiqués de presse, propositions d'articles …) pour trouver des idées de sujets. Ils s’inspirent ensuite des réseaux sociaux (45 %) et des autres médias (37 %).
Les agences de presse (AFP, Reuters…) n’arrivent qu’en 5ème position (32 %) derrière les évènements de réseautage (35 %). Les outils d’IA (ChatGPT, Claude…) se classent bons derniers en étant utilisés par seulement 10% des journalistes comme sources d’inspiration
Des sollicitations trop nombreuses et peu pertinentes
La plupart des journalistes (43 %) reçoivent un maximum de 50 sollicitations par semaine, 29 %, entre 51 et 100 et 28 %, plus de 151. Indépendamment de ces chiffres, elles s’avèrent trop souvent peu pertinentes. Près des ¾ des journalistes (72 %) estiment que moins de 25 % de ces sollicitations les concernent.

Comment retenir l’attention des journalistes ?
Certains éléments sont davantage susceptibles d’attirer l’attention des journalistes. Ils recherchent avant tout des informations pertinentes pour leur domaine, leur public ou encore leur zone géographique (79 %), un angle d’actualité (35 %) puis des données ou des recherches crédibles (33 %).
Offrant une base factuelle et vérifiée qui permet aux journalistes de produire des articles aux points de vue originaux, ces recherches ou données, sont la matière qu’ils aimeraient recevoir davantage (47 %). Viennent ensuite les informations sous embargo ou en avant-première (45 %) et l’accès à des experts/opportunités d'entretiens (42 %).
Comment se faire blacklister par les journalistes ?
À contrario, certaines pratiques agacent les journalistes au point d’ajouter les professionnels des RP qui s’y adonnent à leur « liste noire ». Les messages publicitaires sans rapport avec leur sujet arrivent en tête avec près de 2/3 des suffrages (72 %). Dans le même esprit, les argumentaires qui ressemblent à des brochures marketing révulsent 49 % d’entre eux et la transmission d’informations inexactes ou non sourcées, 40 % des sondés.
Comment gérer les demandes des journalistes et entrer en contact avec eux ?
Si un journaliste intéressé par une information reçue demande des précisions, il s’attend à ce qu’un professionnel des RP lui réponde dans les 24 h (52 %) voire même en moins d’une heure (30 %).
L’e-mail reste le canal privilégié par lequel un journaliste souhaite être contacté (97 %). Les applications de messagerie (WhatAspp, Signal …) ou les réseaux sociaux ne récoltent que 14 % de suffrages chacun et le téléphone, 10 %.
L’e-mail reste également le canal par excellence pour les professionnels des RP qui souhaitent créer des relations avec les journalistes. 84 % d’entre eux sont ouverts à l’idée qu’un communicant se présente par mail en expliquant pourquoi il souhaite entrer en contact avec lui. 36 % attendent qu’il lui propose un sujet nouveau et pertinent et 34 % sont favorables à une invitation pour un évènement.
« Utilisation de l’IA, désinformation et course contre la montre : les journalistes et les communicants sont plus que jamais partenaires pour répondre à des défis communs.
Face à la déferlante IA, ces professionnels des médias qu’ils soient côté journalistes ou RP, font face à un double défi. Celui d’utiliser l’IA pour assumer la charge de travail et les délais de plus en plus courts imposés par les exigences du monde de l’information moderne et des réseaux sociaux ; tout en se prémunissant du danger de la désinformation, un défi qui supplante cette année celui de l’adaptation aux nouveaux modes de consommation de l’information… Dans ce contexte, l’édition 2026 du rapport State Of The Media (SOTM) montre bien l’importance de la relation de confiance entre journalistes et RP, ces derniers, bien humains, demeurant leur première source d’inspiration. » Cyndie Bettant, Directrice Marketing & Impact communication Leader Europe du Sud.

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Cyndie Bettant
Communication & Impact Leader
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