SOTM 2026 : confiance entre journalistes et professionnels des RP
Dans un univers B2B où rigueur et précision sont essentielles, le SOTM 2026 met en lumière le rôle clé de la confiance entre journalistes et RP. Quel chiffre vous a le plus surpris ? Et comment les enjeux actuels du métier redéfinissent-ils votre façon de communiquer pour les marques ?
Le chiffre qui m’a le plus surpris c’est celui des 66 % de journalistes qui continuent de s’appuyer sur les contenus fournis par les professionnels des RP pour trouver des idées de sujets. Dans un environnement saturé d’informations où tout va trop vite, où la confiance est souvent mise à l’épreuve, je trouve ce résultat très encourageant pour nos métiers.
Il rappelle que notre métier ne se résume pas à faire parler des marques ou des entités. Les journalistes attendent surtout des informations fiables, factuelles, vérifiées, du contexte et des interlocuteurs capables d’apporter un éclairage utile. C’est ce qui donne de la valeur à la relation entre RP et médias.
Concrètement, cela a forcément fait évoluer ma façon de travailler : je cherche moins à multiplier les prises de parole qu'à proposer des contenus réellement pertinents, adaptés aux besoins des journalistes et aux enjeux du moment. Avec des rédactions qui disposent de moins de temps et de ressources, la qualité de l’information devient essentielle.
Pour moi, la priorité aujourd’hui est claire : construire une crédibilité durable. La visibilité reste importante, mais elle n’a de valeur que si elle repose sur la confiance.
Réseaux sociaux et relations presse : LinkedIn comme outil de veille et de visibilité
Aujourd'hui, 45 % des journalistes s'inspirent des réseaux sociaux pour nourrir leurs contenus. Comment, de votre côté, intégrez-vous les réseaux sociaux dans votre stratégie ?
Les réseaux sociaux sont devenus un formidable terrain de jeu des tendances, des signaux faibles et des conversations qui traversent la société. Un véritable laboratoire qui nous permet de détecter des sujets émergents, de comprendre les attentes des publics et d'identifier de nouveaux leaders d’opinion notamment sur LK qui devient incontournable. Mais ils révèlent aussi quelque chose de bien plus profond dans le secteur de l'information. Aujourd'hui, des créateurs de contenus, experts ou journalistes indépendants produisent parfois des analyses extrêmement documentées et réactives.
Les médias traditionnels avancent à petit pas dans cet environnement où la vitesse est devenue la norme. Pour autant, les réseaux sociaux ne remplacent pas le travail de vérification mais ils concourent à alimenter la réflexion. Cependant, ils n’assurent pas à ce jour une garantie suffisante de fiabilité. Notre responsabilité est précisément de faire le lien entre cette immédiateté et l'exigence de vérité pour les journalistes.
De notre côté, nous avons compris que LinkedIn était un media puissant et notre page Agence devient notre espace presse, ouvert à destination des journalistes. Notre expertise passe aussi désormais par ce réseau social.
Charte d’utilisation de l’IA en RP : pourquoi elle devient indispensable ?
Les journalistes ont massivement adopté l'IA générative. Faut-il aujourd'hui poser une charte d'utilisation de l'IA en RP ? Et sur quels principes clés devrait-elle reposer ?
Oui, une charte ou tout du moins un cadre me semble aujourd'hui nécessaire. Le rapport montre que les journalistes utilisent de plus en plus l'IA dans leur travail, tout en restant plus méfiants lorsqu'elle est utilisée par les communicants. Cela traduit avant tout un besoin de transparence.
Une charte pourrait s'appuyer sur quelques règles simples : être clair sur les usages de l'IA, maintenir une validation humaine à chaque étape, vérifier les informations et pouvoir identifier les sources utilisées.
L'IA est un outil précieux pour gagner du temps, analyser des données ou faire émerger de nouvelles pistes. A condition de bien savoir l’utiliser et de prompter avec précision pour en tirer le meilleur parti. Mais elle ne remplace ni le jugement, ni l'esprit critique, ni la responsabilité. Dans les métiers de la communication et de l'information, la confiance repose toujours sur les personnes qui produisent, vérifient et assument les contenus diffusés.
IA et relations médias : levier ou frein pour la crédibilité de l’information ?
L'IA est-elle un levier ou une limite dans les relations médias ?
"Plus l'IA produira du contenu, plus la vérification deviendra un avantage concurrentiel."
Je considère l'IA comme un levier à condition qu'elle soit utilisée au service de la qualité de l'information. Nous parlons beaucoup de génération de contenus, mais la véritable révolution pourrait être ailleurs : dans sa capacité à détecter les incohérences, identifier les fakenews ou authentifier les sources. A ce jour, l’IA ne sait pas faire ça. Demain, la question ne sera peut-être plus de savoir si un contenu a été créé par une IA mais qui est capable d'en garantir la véracité. C'est précisément là que le rôle des journalistes et des communicants retrouve toute sa valeur. Dans un univers saturé d'informations, les médias crédibles deviennent des repères. L'enjeu ne sera plus uniquement l'audience, mais l'autorité et la confiance que ces médias inspirent.